Retour à la case départ. Avec les années, j’avais gagné un “madame” et un nom de famille, puis un nouveau qualificatif : maman de G.
Retour à la case départ. Me voici à nouveau “ hé, infirmière s’il vous plait”, sans amertume, juste un nouveau cycle, page blanche de blouse propre et chaussures à fleurs. Changement : pas
d’heures sup’ la crèche ferme à heure pile.
Alors me voilà excitée comme une nouvelle diplômée, ouais ! un badge ! ouais ! mes blouses ! Après deux ans et demi d’abstinence hospitalière je sniffe les couloirs et l’odeur est là. ( si on cherche, on la trouve l’harmonisation européenne : les détergents hospitaliers …).
Le site est une vraie ville avec sa station de métro. Autant d’écoles et facultés que de partenaires médicaux et paramédicaux, restos, banque, magasins en tout genre … on peut vivre hopital, faire du sport, bénéficier de ceci ou cela avec un seul sésame, le badge. Et épreuve réussie, tous ceux qui ont un badge me comprennent : ma photo est assez chouette !
Heureusement l’art infirmier c’est comme le vélo ça ne s’oublie pas, les réflexes reviennent vite, sans y penser, un cathé coudé, une perf qui diffuse. Beaucoup à apprendre pour l’essentiel, mais ça s’annonce intéressant. La tête comme une citrouille le soir, l’impression d’avoir parlé une langue étrangère toute la journée. Cela dit faut que je m’adapte, je me prépare un lexique, les dénominations sont parfois … étranges ! ils sont fous ces belges !
Le soleil est là et franchement ça change la vie. little G grandit.
Alors je commence à chanter sans m’arrêter des berceuses aux paroles plus ou moins connues, baîllements pour silences, mais si ça rime c’est le principal. Il crie toujours, j’enfonce mes index au fond des oreilles et je continue de plus belle, en tout cas, moi ça m’a bien réveillé ! Les paupières se ferment, je souffle. Grosse erreur, les petits yeux s’ouvrent et se froncent violemment. Pardon ! J’ouvre mon ordinateur, mon petit écran illumine la petite chambre. Tiens, nouvelle idée ! Les nocturnes entraînent mes mains si gracieuses, pour une demi-heure d’ombres chinoises au dessus du nid de mon pinson, je me prends pour une étoile, puis vite, j’ai mal aux bras. Ouf ! il ne dort pas mais il est détendu, il enfonce sa tête dans lapin gris et soupire.
J’ai croisé nos nouveaux voisins du dessous, parisiens aussi, je propose à la maman de monter quand elle veut boire un café, j’espère bientôt. Pour papote de parigotes. Pour l’instant, notre plancher en papier mâché, nous fait partager la vie des uns et des autres, leur fille sous notre chambre et le crapaud au dessus de la leur, nos nuits sont courtes ces derniers jours !
Ma deuxième maison sera bientôt, au jour des poissons fous, la semaine prochaine, l’hôpital Saint-L ; je prends un poste en consultation de p. Lors de mon entretien, je me félicite une nouvelle fois d’avoir appris par coeur mes livres d’études : je ne pensais pas être interrogée comme une étudiante pendant une demi-heure. Poèmes de la vie d’infirmière : récitation de procédures, transfusion et appareillages... réussie !
Alors je me souviens du pyjama blanc, pratique mais pas funkie, j’ai rendez-vous chez le coiffeur, je fais le tri de mes fameux colliers pour les remettre dans le circuit … et le plus important : le choix des chaussures !
Je vais acheter un petit carnet de vocabulaire, un simple haricot devient un bassin réniforme... alors pensez les traitements !
Même s’il fait froid, Le soleil est là, ça sent le printemps !
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